Né à Saint-Louis, ancienne capitale de l'Afrique-Occidentale française, sur les rives du fleuve Sénégal. La ville, entre océan Atlantique et delta poissonneux, offrait tous les ingrédients : riz brisé importé, poissons frais, tomates, légumes du fleuve.
Le plat est attribué à Penda Mbaye, cuisinière saint-louisienne du XIXᵉ siècle, qui aurait remplacé l'orge d'un plat traditionnel par du riz brisé. Sa recette s'est diffusée dans tout le Sénégal puis en Afrique de l'Ouest.
Chez les Wolof, préparer le ceebu jën est un acte de soin, presque sacré. Les femmes cuisinent ensemble, autour d'une grande marmite, en partageant les gestes, les silences et les proverbes appris des aînées.
Servi le midi, dans un grand plat unique posé au sol, mangé à la main droite ou à la cuillère. Les meilleurs morceaux sont poussés vers les invités et les anciens — un geste d'hospitalité appelé « teraanga ».
De Saint-Louis, le ceebu jën a essaimé au Mali, en Mauritanie, en Gambie, en Guinée-Bissau, puis dans toute la diaspora sénégalaise — Paris, New York, Milan. Chaque famille en garde sa version.
Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO en 2021, le thiéboudienne symbolise l'identité sénégalaise moderne : hospitalité, transmission, fierté d'un savoir-faire féminin.